Dans un aéroport, le corps précède l'esprit. L'aéroport concentre cette fragilité humaine, faite de projections et d'anxiété diffuse. Dans cet espace de passage, l'art peut devenir respiration.

Nice se situe à la jonction de deux rives — France et Ligurie, Alpes et Méditerranée — un territoire traversé par une commune mémoire gréco-romaine. Mythes et figures antiques y restent familiers, porteurs d'une esthétique méditerranéenne fondée sur l'équilibre, la mesure et la douceur du geste.

L'aéroport devient alors une agora contemporaine. Le bleu azuréen, couleur physiologique autant que symbolique, accompagne le ralentissement et recrée une zone intérieure de clarté dans un environnement hyperstimulant.


L'inspiration iconographique s'impose alors : Psyché et l'Amour. Psyché, l'âme humaine confrontée au passage ; Cupidon, le souffle qui la soutient et l'élève. Une scène de confiance et d'abandon, en contrepoint direct des peurs liées au vide, à la hauteur, à l'inconnu. Le mythe parle du seuil : Psyché traverse des épreuves, accepte de ne pas tout contrôler. Le voyageur, lui aussi, quitte un sol connu pour une destination incertaine. Entre les deux, une même mécanique intime.

Cette fresque s'offre comme un fragment de Nouvelle Renaissance : un dialogue entre héritage antique et compréhension contemporaine des émotions, entre mémoire culturelle et besoin fondamental de sécurité.
Une invitation au ralentissement, au cœur du mouvement.
