À Vivoin, l’art urbain trouve un terrain d’expression singulier, au croisement du patrimoine, du paysage rural et de la création contemporaine. Invité par Jérôme Dauchez, dont la confiance est ici chaleureusement saluée, César Malfi a réalisé une œuvre qui s’inscrit pleinement dans l’esprit du festival « De l’Art et du Cochon », porté par le Centre d’Art Plastique & Culturel du Prieuré de Vivoin et ses équipes.

Sur la façade d’une maison de Vivoin, le cheval cabré s’inscrit dans une longue histoire de la représentation animale, où le motif dépasse sa simple réalité pour devenir symbole de puissance et de noblesse. Son traitement en grisaille, proche du modelé de la sculpture, évoque l’héritage de la statuaire classique, tandis que les formes géométriques qui fragmentent son corps et les aplats de couleur l’inscrivent dans un vocabulaire résolument contemporain. Entre illusion sculpturale et composition graphique, César Malfi confronte ainsi la mémoire de l’art classique aux codes de l’art urbain.
Le bestiaire constitue précisément l’un des fils conducteurs de « De l’Art et du Cochon ». Il permet de relier les œuvres à l’environnement rural de Vivoin, à ses traditions et à un imaginaire collectif où l’animal occupe depuis toujours une place privilégiée. Le festival associe ainsi art urbain, patrimoine et culture populaire, en faisant du village lui-même un espace d’exposition à ciel ouvert.

Cette édition réunit Bault, Kazy, Nesta, Refreshink et Ruben Carrasco, dans la continuité des artistes ayant participé aux précédentes éditions, parmi lesquels Andrea Ravo Mattoni, Olivia de Bona et Madame, ainsi que tous ceux qui ont contribué à cette aventure. Au-delà de la diversité des pratiques, ces interventions témoignent d’une même volonté : faire sortir l’art urbain des métropoles pour l’inscrire dans d’autres territoires et lui permettre de rencontrer de nouveaux publics.

À Vivoin, le mur devient ainsi un espace de rencontre entre art contemporain, patrimoine rural et imaginaire populaire. Une manière de rappeler que l’art urbain, précisément parce qu’il investit l’espace public, peut trouver sa place bien au-delà des grandes villes et révéler autrement les paysages et les histoires des territoires qui l’accueillent.